"Nous avons ensemble travaillé sur plus de 110 mesures. Celles-ci ont fait l’objet de débats dans nos différentes fédérations. Aujourd’hui, nous devons trancher.
Par nature, ces propositions sont exprimées en quelques mots alors qu’elles se situent dans un contexte, qu’elles ont fait l’objet de réflexions approfondies, d’une analyse préalable, d’un cap et d’une véritable stratégie pour notre pays.
Les mesures que vous adopterez seront celles que porteront nos candidats aux législatives et sur lesquelles s’engagera le débat démocratique.
Permettez-moi d’en extraire quelques unes qui me paraissent vitales et qui doivent être la base du programme pour lequel les parlementaires radicaux, avec d’autres je l’espère, constitueront un nouveau groupe à l’Assemblée Nationale, se battront.
C’est aussi sur ces quelques mesures fortes, indispensables pour établir justice et progrès, sont pour nous les conditions incontournables d’un accord parlementaire et gouvernementale."
A quelques mois de l'élection présidentielle, dans un contexte tendu et marqué par la crise et la montée du chômage, les Français n'ont plus aucune confiance en leurs élus. Dans le dernier baromètre Cevipof/Sofres, les maires perdent 13 points de confiance, à 52 % , les députés 9 points, à 38 %, les partis politiques trônent fièrement à la dernière place (13 %) des organisations inspirant confiance, loin derrière les hôpitaux (78 %) et... l'Europe (40 %) !
A écouter les conversations au comptoir des cafés ou les émissions de radio du matin, ce n'est pas de la politique que les Français sont lassés mais des politiques. Une désaffection qui tient largement au comportement de leurs élus, dont ils attendent du dévouement, du courage et de la probité. Le dévouement suppose que l'élu privilégie l'intérêt général.
Qu'il ne conçoive pas son mandat comme une source de revenus, quitte à vouloir les cumuler. Le courage politique implique que l'élu ne se considère pas comme au service d'un clan. Enfin, la probité légitime les efforts demandés au peuple. Les Français n'attendent certes pas de leurs représentants qu'ils soient parfaits ou infaillibles. Ils veulent juste ne pas être pris pour des imbéciles. On aurait tort de balayer ces critiques d'un revers de la main au motif que ce discrédit a toujours existé et qu'il n'est pas propre à la France.
Car, désormais, la démocratie d'Internet, où l'on peut prendre la parole sans demander l'autorisation et même renverser des régimes, ne permet plus de se rassurer à si bon compte. L'abstention, véritable vote de colère et non plus d'indifférence, et le vote d'extrême droite, véritable vote d'adhésion et non plus de protestation, sonnent la fin d'un cycle politique, celui où les élus se présentaient comme attributaires définitifs de leurs mandats tels des seigneuries sous l'Ancien Régime.
L'utilisation du mot "fief" en politique, passé de manière surprenante dans le langage courant, n'est pas étrangère à cette singulière conception d'une république clanique voire conjugale où les mandats peuvent se transmettre au sein d'un clan, d'une famille, voire au sein d'un même couple. Il ne faut pas, dans ces conditions, s'étonner que des Bouches-du-Rhône au Nord-Pas-de-Calais, la chronique des faits divers politiques entache chaque jour non seulement le Parti socialiste mais ce qu'il reste de considération pour la "société politique".
Pendant ce temps, tels des gueux, la jeunesse militante, les femmes jetées en pâture dans des circonscriptions ingagnables au nom d'une fausse parité, les enfants d'ouvriers maintenus dans l'ignorance des codes politiques, les jeunes femmes issues de l'immigration interchangeables et priées non pas d'avoir des idées mais de faire le récit de leur vie de Cosette de banlieue sont relégués au rang de discriminés positifs qu'on autorise de temps en temps, devant les représentants de la noblesse républicaine, à orner les tribunes politiques, dans un ultime geste de charité chrétienne. Les Français sont à la veille d'une nouvelle révolution politique. Cette révolution a déjà cours dans certains territoires.
Prenons l'exemple du département des Hauts-de-Seine. Contrairement à une idée reçue, ce département compte des dizaines d'élus courageux, dévoués à leurs électeurs, entreprenants et désireux de faire avancer leur territoire. Beaucoup d'entre eux ont gagné des mairies, des cantons et des circonscriptions à force de travail et de courage.
Mais voilà, une poignée d'édiles, par leurs turpitudes, ont fait oublier ce que les Hauts-de-Seine peuvent produire de mieux. N'ayant d'idées sur rien, n'étant soucieux que d'eux-mêmes et ne voulant surtout pas de successeurs, ces petits élus, dont le sort a pourtant déjà été tranché par le suffrage universel, la justice ou les deux, se lancent, avec l'énergie des désespérés, dans des manoeuvres délétères et autres stratégies du pire dont pourtant tout le monde sait qu'elles n'empêcheront pas leur chute inéluctable.
Maintenus artificiellement dans des fonctions officielles au mépris de toute efficacité politique, ils sont depuis de trop longues années les désastreux représentants de la majorité présidentielle dans certains territoires. Comble du cynisme, ceux-là se réclament du président de la République, qui, bien que non comptable de leurs errances, se retrouve associé au soufre qu'ils traînent sur leur passage.
De l'élection à la mairie de Neuilly de Jean-Christophe Fromentin à celle de Jacques Gautier au Sénat, de plus en plus d'hommes et de femmes, dans un acte de défiance républicain salvateur, ont été élus ces dernières années en marge des appareils. Tout se passe comme si la droite, en acceptant la perpétuation de pratiques rejetées par tous, secrétait en son sein sa propre opposition.
Les temps changent. Ainsi que l'exprime le manifeste de mon club Allons Enfants, j'ai fait le constat, comme une très grande majorité de Français, du ras-le-bol général qui s'exprime à l'égard "d'élites consanguines et rentières du pouvoir, responsables d'un débat d'idées asséché et timoré face aux questions de fond, rétives à tout renouvellement de la classe politique, comportements qui, au final, ont contribué à faire de l'extrême droite l'arbitre de notre démocratie".
Il est plus que temps que les partis cessent cette pratique incompréhensible qui consiste à reconduire sans cesse des sortants sulfureux et rejetés par le suffrage universel. On ne peut indéfiniment réclamer la fermeté et pérorer sur le désir de justice des Français en perpétuant des pratiques contraires à ces principes. Le corporatisme politique ne saurait justifier une telle fossilisation de la démocratie française.
par Rama Yade, première vice-présidente du Parti Radical, conseillère municipale de Colombes, ancienne secrétaire d'Etat
Discours de Jean-Louis Borloo, Président du Parti Radical
" Je voudrais tout d’abord remercier, au nom de toutes les personnes présentes dans cette salle, Dominique Sopo, Xavier Emmanuelli et Jacques Attali, pour avoir répondu de la plus belle des manières à cette invitation républicaine.
Il est quand même rassurant que l’on puisse trouver comme ça, en pleine campagne électorale, des espaces pacifiés, un peu à part, un peu au dessus de la mêlée, pour partager des expériences et pour dialoguer autour de la République à un moment de mutation et de métamorphose complètes de nos sociétés.
Je retiens de tous nos échanges et de l’analyse en profondeur que je fais de la situation, de la France en France - de ses industries, de ses quartiers, de ses écoles, de ses familles - et de la France en Europe et dans le monde, deux grandes leçons, et par voie de conséquence, deux grands projets.
Si les échanges dans le monde sont à la fois une nécessité et un bien, loin de moi l’idée de revenir à un renfermement ou au repli sur soi, pour autant nous avons vécu durant 20 ans une défaite idéologique majeure. Sortant d’un double drame – fascisme et stalinisme – les années 60 -70 ont été des années d’ouverture sur le monde et d’échanges. Mais derrière cette réalité heureuse s’est jouée une bataille idéologique majeure. L’influence de l’Ecole de Chicago s’est peu à peu imposée : pour elle, le jeu du marché devient la seule condition de la performance du système. Pour cette philosophie, comme le prétend le théorème de Schmidt, « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain ». Tout est dit. Dans un tel système, la politique industrielle devient inutile, pour ne pas dire suspecte ... "
Vendredi 9 décembre, le Parti Radical a introduit son rendez-vous annuel pour fêter la République par une Convention intitulée « Bâtir la République des Territoires : un Projet pour des territoires de projets ». Cet évènement a été l’occasion de dresser, en présence de Jean-Louis BORLOO, le constat d’une République des territoires qui n’est plus le lieu de rencontre de l’universel et du singulier, du national et du local, de l’Etat et des collectivités, des régions et des communes, des acteurs privés et publics, des citoyens et des élus. La question posée aux intervenants fut donc de savoir si l’avenir des territoires, laboratoires d’une politique nationale juste et efficace, passe par une réforme structurelle ou, au-delà, par une révolution culturelle. Deux ateliers ont structuré les débats, animés par Samuel CAZENAVE, Secrétaire national du Parti aux collectivités territoriales :
Atelier 1 : Egalité des droits.
Jean-Paul ALDUY, Président de la Communauté d’agglomération Perpignan- Méditerranée, a dénoncé une fiscalité injuste, obsolète et inefficace, et envisagé l’autonomie de gestion des collectivités au lieu d’une autonomie fiscale qui aggrave la fracture territoriale. Puis Jean DIONIS DU SEJOUR, Député-maire d’Agen, Joseph FRANCIS, Secrétaire national du parti aux PME, Commerce et Artisanat, et Guillaume BAPST, Fondateur de l’ANDES, ont proposé leurs solutions pour refonder la mission territoriale de l’Etat dans des territoires aux caractéristiques mouvantes, des services publics à la synergie des acteurs territoriaux.
Atelier 2 : Egalité des chances.
Jean-Paul DELEVOYE, Président du Conseil Economique, Social et Environnemental et maire de Bapaume, et Laurent HENART, Secrétaire Général du Parti, ont mis en lumière la relation verticale obsolète entre élus et citoyens. Charles ROJZMAN, Fondateur de l’Institut Charles Rojzman, et Jérôme Pentecoste, Avocat au barreau de Paris, ont montré la voie d’une nouvelle culture démocratique participative et d’un capitalisme citoyen et décentralisé.
Ces débats se voulaient interactifs avec la salle. Ainsi, les participants à cette Convention ont pu souligner les inégalités territoriales qui traduisent une faille du projet Républicain, qu’elles soient en matière de fiscalité, d’éducation, d’accès à l’emploi, aux services de santé, au logement social, ou à la culture, mais aussi entre centre-villes et périphéries, espace urbain et espaces ruraux. L’ensemble des participants se sont accordés sur le crédit dont bénéficient les maires dans un contexte de défiances de la politique par les citoyens, et la nécessité d’en faire les animateurs des territoires dans une société de réseaux. Rationnaliser l’action des collectivités, et reconnaitre enfin l'importance de l'élu local dans la construction d’une démocratie adaptée aux évolutions de la société : voilà le défi de la République.
Le logement : parcours de vie ou parcours du combattant ? Pour une politique du sur-mesure
Un sujet de préoccupation majeur Selon une étude d'IPSOS pour Nexity, publiée le 21/09/2011, 99% des élus considèrent que la situation du logement en France est un problème très ou assez important et 78% des Français estiment qu’il est aujourd’hui difficile de trouver un logement. 76% des Français anticipent en effet une situation dégradée pour les générations à venir. Une attente d'intervention des pouvoirs publics Pour une majorité des personnes interrogées dans le cadre de cette même étude, le gouvernement consacre une place peu ou pas importante aux problématiques du logement. Or, huit à neuf Français sur dix sont favorables à plus d’intervention des pouvoirs publics pour encadrer et réguler les prix de l’immobilier et du foncier. Plus précisément, 59% réclament une limitation de la hausse des loyers, selon le sondage Ipsos ...