Discours de Jean-Louis Borloo, Président du Parti Radical
" Je voudrais tout d’abord remercier, au nom de toutes les personnes présentes dans cette salle, Dominique Sopo, Xavier Emmanuelli et Jacques Attali, pour avoir répondu de la plus belle des manières à cette invitation républicaine.
Il est quand même rassurant que l’on puisse trouver comme ça, en pleine campagne électorale, des espaces pacifiés, un peu à part, un peu au dessus de la mêlée, pour partager des expériences et pour dialoguer autour de la République à un moment de mutation et de métamorphose complètes de nos sociétés.
Je retiens de tous nos échanges et de l’analyse en profondeur que je fais de la situation, de la France en France - de ses industries, de ses quartiers, de ses écoles, de ses familles - et de la France en Europe et dans le monde, deux grandes leçons, et par voie de conséquence, deux grands projets.
Si les échanges dans le monde sont à la fois une nécessité et un bien, loin de moi l’idée de revenir à un renfermement ou au repli sur soi, pour autant nous avons vécu durant 20 ans une défaite idéologique majeure. Sortant d’un double drame – fascisme et stalinisme – les années 60 -70 ont été des années d’ouverture sur le monde et d’échanges. Mais derrière cette réalité heureuse s’est jouée une bataille idéologique majeure. L’influence de l’Ecole de Chicago s’est peu à peu imposée : pour elle, le jeu du marché devient la seule condition de la performance du système. Pour cette philosophie, comme le prétend le théorème de Schmidt, « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain ». Tout est dit. Dans un tel système, la politique industrielle devient inutile, pour ne pas dire suspecte ... "