Situation sanitaire : Tout va très bien madame la marquise ! La seule épidémie responsable est celle de l’incompétence ministérielle !

Le, 20 janvier 2016
 
[POINT DE VUE]
 
 
La France traverse une nouvelle crise sanitaire de grande ampleur. Elle était prévisible. Personne ne peut s’étonner d’une épidémie de grippe en hiver ! L’histoire nous enseigne que ce virus peut tuer à grande échelle, ce n’est pas là un scoop.

La situation que nous vivons place dramatiquement sous les feux des projecteurs l’état alarmant de notre système de soins. Le dogme, en forme de méthode Coué, de « l’excellence du système de santé à la française » ne saurait masquer la responsabilité des gouvernements aux commandes depuis des années. Obnubilé par la volonté d’obtenir des résultats comptables à court terme, pour des raisons électoralistes, les politiques de santé publique ont accouchées d’un dangereux dispositif à flux tendu. Nous sommes à la merci du moindre grain de sable et aujourd’hui, face à une tempête de virus, notre système de santé vacille et frôle le naufrage.

Sur l’autel de la maitrise des dépenses de santé les ministres successifs ont sacrifiés la démographie médicale, le nombre de lit d’hospitalisation, la visite à domicile du généraliste, la responsabilisation des patients, la confiance en l’expertise des professionnels du secteur … Toute la chaine des soins se trouve impactée, la médecine de ville comme la médecine hospitalière, la médecine publique comme la médecine libérale.

La ministre de la santé, sur l’air de « tout va très bien madame la marquise », fredonne en forme d’aveux « des services d’urgences aux limites de leurs capacités » et incite fortement les hôpitaux à « reporter d’avantage les opérations non urgentes pour désengorger les services hospitaliers ».

Pour endiguer un véritable raz-de-marée les professionnels de santé sont invités à se débrouiller avec quelques sacs de sable, mais pas question de construire des digues ! Les plans de crises se succèdent, la situation de fond demeure.

Nul besoin d’être devin pour prédire de nouvelles crises sanitaires. Elles sont quasi inévitables. La future politique de santé en France doit intégrer cette donnée. Si la prévention doit rester un pilier de l’action publique, nous devons anticiper et repenser l’offre de soins de ville et hospitalière.

 

 
Hervé CAEL,
Président de la fédération des Alpes Maritimes

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