Après 45 ans de scission, radicaux valoisiens et de gauche se réunifient samedi

Le, 7 décembre 2017

Le mariage d'un siècle de radicalisme: le Parti radical valoisien (PR) et le Parti
radical de gauche (PRG) doivent mettre fin samedi à un schisme de 45 ans pour devenir
une force "ouverte et indépendante", énième étape de la recomposition politique
déclenchée par l'élection d'Emmanuel Macron.
"Les conditions sont réunies pour la réunification : il n'y a plus de frontières
idéologiques entre nos deux partis", justifie Laurent Hénart, le président des
Valoisiens, selon qui "quand on lit les deux programmes, il y a des nuances, mais
pas de grosses différences".
Populaire chez les militants des deux formations, la réunification des radicaux
laisse davantage sceptiques certains élus en remettant en cause des alliances anciennes.
Le PR, membre fondateur de la fédération UDI en 2012, en a été de facto exclu
la semaine dernière en raison de sa volonté d'indépendance. Dans la foulée, le
député radical Yves Jego a annoncé qu'il quittait le parti de la rue de Valois
pour rester à l'UDI. Son collègue Michel Zumkeller devrait en faire de même.
De même, la réunification met un terme à la traditionnelle alliance électorale
du PRG avec le PS - la présidente des radicaux de gauche Sylvia Pinel avait concouru
à la primaire organisée par le PS l'année dernière (2,02%).
Si officiellement, le PR avait soutenu François Fillon et le PRG Benoît Hamon,
nombre d'encartés des deux formations avaient toutefois voté Emmanuel Macron dès
le premier tour de la présidentielle.
L'issue des congrès du PR et du PRG, samedi matin, qui doivent chacun entériner
le principe de la réunification, fait toutefois peu de doutes: le comité directeur
du PRG l'a entériné à plus de 90% il y a quinze jours, tandis qu'au même moment,
Laurent Hénart se faisait réélire président du PR (avec 79%), face à Thierry Cornillet,
anti-fusion.
            - Manuel Valls et Emmanuelle Cosse ? -
Appelés à co-présider le nouveau parti radical, le maire de Nancy
Laurent Hénart et la députée du Tarn-et-Garonne Sylvia Pinel auront encore de nombreuses
questions à trancher.

D'abord, celle du nom de la formation: le Parti radical, le plus vieux de France
pour être né en 1901, peut-il se passer d'une épithète qui renvoie à ses heures
glorieuses, lorsqu'il s'agissait d'être "radicalement républicain" contre la tentation
conservatrice et restauratrice? L'adjectif suscite aujourd'hui la confusion chez
les néophytes.
"Les gens restent attachés au terme +radical+ ; on va peut-être malgré tout le
garder", avance le numéro 2 du PRG, Guillaume Lacroix, eu égard aux premiers retours
d'un questionnaire envoyé aux militants des deux partis début novembre, qui les
interrogeait notamment sur "les mots qui devront être repris dans le parti".
Forts d'un nouveau slogan, "OUI", pour "ouverts, unis, indépendants", les radicaux
devront également définir leur positionnement par rapport au gouvernement et, plus
en avant, de leurs futures alliances électorales.
"De Valls à Juppé", résument Laurent Hénart et Guillaume Lacroix, alors que d'aucuns
rêvent à voix haute de l'adhésion de l'ancien Premier ministre socialiste au nouveau
parti, ainsi que l'une de ses proches, l'ex-ministre du Logement Emmanuelle Cosse,
ex-EELV.
Les deux formations ont une culture certaine des prises de guerre, souvent électoralement
heureuses: Bernard Tapie dans les années 90 chez les radicaux de gauche, Jean-Louis
Borloo chez les Valoisiens dix ans plus tard.  Une nouvelle visibilité pourrait également passer par la création d'un groupe
parlementaire à l'Assemblée nationale: les députés des deux partis sont aujourd'hui
éclatés entre les groupes PS, LREM et UDI-Agir. "C'est bien parti pour le faire,
maintenant, il faut finaliser", se veut optimiste M. Lacroix, mais de nombreux
ténors de l'UDI croient, a contrario, un tel dessein illusoire.
Le congrès réunificateur doit ouvrir une période transitoire de deux ans, pendant
laquelle "les instance devront être redéfinies", explique Guillaume Lacroix. "A
ce titre, notre congrès sera à la fois un débat politique et un débat technique."

 

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