Lettre ouverte de Pascal Blanc, Maire de Bourges au Premier Ministre

Monsieur le Premier Ministre,


Dans le cadre de la conférence nationale des territoires, le gouvernement entend initier une démarche, un « défi immense » selon vos mots Monsieur le Premier Ministre, afin de « construire avec les collectivités locales une décentralisation assumée et renouer une relation de confiance, au service de la République ».


Les grands travaux annoncés nous concernent évidemment, nous élus locaux, au premier chef : renforcer l’accès à la santé, à la formation, aux services publics, au numérique, à la culture, revitaliser les centre villes et les quartiers en souffrance.


La question du rétablissement de nos comptes publics est un enjeu majeur de cette relation de confiance et nous acceptons d’y prendre notre juste part. Ce redressement doit passer par un contrat de mandature clair sur les ressources comme sur les charges des collectivités territoriales. Mais là, nous devons à mon sens obtenir au plus vite une clarification de ce que votre gouvernement entend lorsqu’il annonce que « les collectivités territoriales doivent contribuer à hauteur de 13 milliards d’euros sur les cinq prochaines années, au redressement des finances publiques ».


S’il s’agit de changer les règles et de réduire drastiquement les dotations sur lesquelles étaient basés nos grands équilibres financiers pluriannuels, c’est déjà fait !


S’il s’agit de transférer des charges vers nos collectivités, sans transfert de ressources  (Permis de construire, Cartes d’identité biométriques, gestions des pacs,…), c’est déjà fait aussi !


Il nous a fallu à Bourges en 2015, comme dans beaucoup d’autres villes, augmenter les impôts des ménages pour absorber le premier choc. Nous avons nous mis en œuvre un plan drastique d’économies accompagné de nouvelles pratiques de gestion et n’attendons personne pour nous expliquer comment nous devons gérer notre collectivité. Nous croyons nous aussi aux libertés locales et aux initiatives territoriales, nous pensons nous aussi qu’aucune décision concernant les collectivités locales ne doit être prise sans leur consultation préalable...


En l’occurrence, nous attendons de votre gouvernement qu’il mette en application ces principes de bon sens et de bonne gestion. Nos finances locales ne doivent plus être des variables d’ajustement du budget d’un Etat bien en mal depuis des décennies de réduire ses dépenses.


La manière dont la réforme de la taxe d’habitation sera menée nous en dira plus long que tous les discours.


J’attends pour ma part, qu’il soit fait confiance aux élus locaux que nous sommes. Je suis prêt Monsieur le Premier Ministre, comme mes collègues le sont, pour « construire ensemble ».


Pascal BLANC
Maire de Bourges
Président de Bourges Plus

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