Histoire du Parti

Le Parti Républicain Radical et Radical-Socialiste, dit "Parti Radical" est né le 21/23 Juin 1901 (Congrès de Paris). Il est le plus ancien Parti politique français.

Le Parti Radical a donné 31 Chefs de Gouvernement, des centaines de ministres et secrétaires d’Etat, des milliers de députés et sénateurs.

Parti de valeurs et de convictions, le Parti Radical est à l’initiative des lois sur les associations et sur la laïcité dont il a célébré en 2005 le centenaire.

Il a toujours été présent lors des événements majeurs qui ont fait l’Histoire : en 14-18 avec Clémenceau, dans l’entre-deux guerres avec Herriot, lors de la décolonisation avec Mendès-France, au moment de la modernisation de la France dans les années 60 et 70.

Membre fondateur de l’UDF en 1978, il participe à tous les gouvernements de la droite républicaine (1986, 1993, 1995 et 2002). Il a officiellement accordé son soutien à la candidature de Jacques Chirac dès le premier tour des élections présidentielles en 2002.

Le Parti Radical a été  membre associé de l’UMP de novembre 2002 à mai 2011. Son indépendance a été votée en Congrès à 93%.

Par son attachement aux valeurs humanistes et par sa méthode pragmatique, le Parti Radical a inspiré les grandes réalisations de la République tout au long de notre société'.

1789-1848: L’affirmation du courant radical

1789-1793 : Le refus de l'absolutisme monarchique

Remonter aux origines du radicalisme, c'est retrouver les racines de notre histoire, celle qui conduit notre pays de la monarchie absolue au suffrage universel et à la République.

Aux sources du mouvement, il y a d'abord la Révolution Française, dont Clémenceau, l'une des grandes figures du radicalisme, disait qu'elle était « un bloc » indissociable. De fait, tout au long de son évolution, le Parti Radical a reflété les tensions de la Révolution Française, entre libéralisme et affirmation d'un Etat fort, régionalisme et centralisme par exemple.

Ce pragmatisme est une constante chez les radicaux. Profondément humanistes, ils ont toujours été aux avant-postes pour exprimer la prééminence du citoyen dans la vie publique, réclamer l'autonomie de l'individu dans la sphère privée, défendre la liberté de penser.

L'histoire du radicalisme va ainsi s'inspirer des valeurs de progrès tracées à cette époque par des hommes comme Rousseau, Condorcet et Auguste Comte.

 

1830-1848 : La conquête des libertés individuelles

Le terme radical apparaît sous le règne de Louis-Philippe. Les radicaux se confondent alors avec les républicains et se réclament de l’héritage révolutionnaire.
 
A partir de 1843, ils se regroupent autour de l’avocat Ledru-Rollin. 
Celui-ci se montre partisan de l’établissement du suffrage universel, seul moyen d’exprimer les besoins de chacun et les aspirations de tous.
 
Sous son impulsion, les radicaux développent des thèmes qui rejoignent les idées démocratiques illustrées alors par Lamennais, Michelet, Schoelcher, Louis Blanc et Arago.
 
Ce mouvement anime la Révolution de 1848 qui fonde la deuxième République.
 
Abolition de l'esclavage dans les colonies, proclamation du suffrage universel, liberté de la presse et droit de réunion, voilà ses victoires et ses apports.

1860-1881: L’affirmation du courant radical

1860-1870 : Le radicalisme s'oppose au Second Empire

Le coup d'Etat ouvre la voie au Second Empire en 1852 et réduit les radicaux au silence. Mais l'opposition au régime autoritaire va ranimer le mouvement.

Le courant radical s'organise alors autour de Léon Gambetta et Jules Simon. Député en 1863, ce dernier publie sous le titre « La Politique Radicale » un recueil de discours qui définit le radicalisme et en explicite le programme.

Gambetta s'affirme lui en 1868 comme leader naturel du nouveau parti républicain. Brillant avocat, il fustige le régime impérial dans un grand procès politique.
L'année suivante sa candidature aux législatives se fonde sur le fameux « programme de Belleville » qui vise à élargir les libertés publiques et à étendre le principe électif.

 

1870-1871 : Gambetta, l'âme de la résistance nationale

Le 04 septembre 1870 Gambetta proclame la IIIème République


Le Second Empire s’effondre après la défaite militaire.

Un gouvernement provisoire associe les radicaux à des républicains plus modérés. Gambetta devient l’âme de la résistance nationale face à l’occupant. Les républicains radicaux apparaissent alors comme le parti de la défense nationale. Mais dans un pays meurtri qui aspire à la paix, leurs idées suscitent la défiance en province et en zone rurale.
C’est dans ce climat que Gambetta entreprend de ressouder le camp républicain et de reconquérir l’opinion publique. Son opposition à Thiers puis au Maréchal Mac-Mahon, à la fois prudente et frontale, a un ressentiment immense et ses campagnes enracinent l’idée républicaine.

 

1879-1881 : Clémenceau contre la politique d’expansion coloniale

La Troisième République s’installe. Le régime s’accentue progressivement.
Gambetta et Clémenceau poursuivent leur infatigable combat contre le cléricalisme et ‘l’ordre moral’. Après la mort de Gambetta, Clémenceau continue de faire vivre le radicalisme dans la lignée du programme de Belleville.

Au nom de cette fidélité, les radicaux combattent la politique opportuniste de Jules Ferry.
S’ils approuvent la législation scolaire alors mise en place, ils dénoncent le caractère limité de la révision constitutionnelle de 1884 et condamnent la politique d’expansion coloniale.

1890-1914: Le Parti Radical domine la vie politique

1890-1910 : Ebauche d’une doctrine solidariste

A la fin du XIXe siècle, la pensée radicale se focalise sur les questions de justice et d’égalité sociale. 
D’où l’intérêt d’une doctrine de solidarité élaborée par un homme de pouvoir et de gestion, qui est aussi un homme de réflexion : Léon Bourgeois.Le solidarisme de Léon Bourgeois se présente comme un effort pour adapter les acquisitions de la science et de la philosophie à la justification d’une politique réformiste et égalitaire.

La théorie solidariste de Bourgeois se fonde sur des conceptions générales dont découle tout un programme d’actions et de réformes.

Programme qui tend à offrir à chaque individu la possibilité d’une ascension grâce à l’instruction publique et à un système de sécurité sociale financé par cet instrument privilégié de redistribution que constitue l’impôt sur le revenu.

1901-1910 : La laïcité

1901 : création du Parti Radical , les 21, 22 et 23 Juin 1901

La création du plus ancien parti politique français se fait donc avant même l’adoption des lois de juillet 1901 sur les associations.

La période est marquée par un événement majeur : le vote de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat en décembre 1905.

Cette loi porte la marque du radical Emile Combes. Par sa popularité comme par son caractère, Combes incarne le radicalisme des premières années du siècle. Ministre de l’Instruction Publique dans le cabinet de Léon Bourgeois en 1895, il est appelé à former le gouvernement quand, après le succès des radicaux aux élections de 1902, Waldeck-Rousseau abandonne volontairement le pouvoir.

Pour l’Histoire, Emile Combes demeurera surtout l’homme de l’expulsion des congrégations et l’apôtre de l’anticléricalisme que son Ministre de la Marine Camille Pelletan incarne de façon pittoresque.

Le Second Empire s’effondre après la défaite militaire.

Un gouvernement provisoire associe les radicaux à des républicains plus modérés. Gambetta devient l’âme de la résistance nationale face à l’occupant. Les républicains radicaux apparaissent alors comme le parti de la défense nationale.

1900-1914 : L’impôt sur le revenu, au nom de l’exigence de justice

L’impôt sur le revenu est, au seuil du nouveau siècle, bien difficile à faire voter tant les résistances sont nombreuses. Joseph Caillaux est l’artisan de cette réforme au nom d’une exigence de justice et de la nécessité de trouver les moyens de financer les réformes sociales. Ce brillant économiste porte également une attention originale à la situation internationale et à l’équilibre des grandes puissances. Dans un contexte diplomatique dominé par « la montée des périls », Joseph Caillaux témoigne d’un pacifisme de raison, fondé sur des considérations économiques et stratégiques.

1914-1918 : la 1ère guerre mondiale

Comme les autres partis politiques, le Parti Radical est en sommeil durant la 1ère guerre mondiale. Le mouvement semble privé d’avenir.

Nombreux sont les radicaux qui s’illustreront ou périront durant cette longue guerre et l’un d’entre eux Georges Clémenceau, « le tigre », le père 'la Victoire', saura rassembler les français et leurs alliés.

1920-1939 : Vers une nouvelle génération d’hommes politiques

1920-1927 : Le règne d’Edouard Herriot

Symbole du progrès social, la gratuité de l’enseignement secondaire.

C’est alors Edouard Herriot qui va restaurer son identité. Il personnifiera le radicalisme pendant plusieurs décennies, appelé à incarner les espoirs et les aspirations du « français moyen » (la formule est de lui).

Grand orateur à la culture encyclopédique, Maire de Lyon (1905-1957), il s’illustre par une gestion saine et active, notamment en matière de construction d’équipements collectifs et de locaux hospitaliers et scolaires.

Mais c’est comme Ministre de l’Instruction Publique qu’Edouard Herriot accomplira l’œuvre la plus significative. Il est en effet à l’origine de la gratuité de l’enseignement secondaire, pièce maîtresse de l’objectif de « l’école unique » défendue par les radicaux.

 

1927-1939 : Edouard Daladier, le « taureau du Vaucluse » revitalise le parti

Edouard Daladier fait figure de leader de l’aile gauche du parti par son attachement à la tactique du « cartel de gauche » puis, par son rôle dans l’adhésion des Radicaux au Front Populaire.

Il tire son surnom de ‘taureau du Vaucluse’ d’une réputation d’énergie, que la crise de Munich en 1938 altérera quelque peu. Quand il accède en 1927 à la présidence du Parti, il milite pour une cure d’opposition qui redonnerait au Radicalisme toute sa vitalité.

Ce « retrait » implique une réorientation. Lors des élections de 1928, les radicaux souscrivent au programme de réformes proposé par La Confédération Générale du Travail, dont les revendications immédiates recoupent les objectifs radicaux. Le parti se réorganise. 
Edouard Daladier lance un appel à la mobilisation des militants, notamment des jeunes.

 

1936 : Dans la fièvre du Front Populaire, un projet de grande réforme scolaire

Face aux menaces factieuses, le Parti Radical adhère au Front Populaire en vue des élections de mai 1936. Celles-ci marquent un net recul des radicaux face à la SFIO.

Pourtant, les radicaux comme Daladier, Chautemps et Zay obtiennent des portefeuilles importants.

Au Ministère de l’Education Nationale, Jean Zay engage en 1937 une réforme majeure de l’enseignement.

Son objectif : démocratiser le système scolaire en introduisant des méthodes résolument modernes.

A savoir :
Dans les années 20, le Parti Radical accueille une nouvelle génération d’hommes politiques que l’on appellera les ‘Jeunes Turcs’.
Aux élections de 1932, le Parti Radical remporte son plus grand succès de l’entre-deux-guerres et des personnalités comme Pierre Mendès France, Pierre Cot, Jacques Kayser, Jean Zay ou encore Emile Roche vont marquer l’Histoire.

1940-1945: Autour du général de Gaulle

1940-1945 : De grands résistants

En combattant contre l’occupant allemand, les radicaux ont donné à la Résistance l’une de ses figures les plus illustres : Jean Moulin, préfet de Chartre en 1940.

Beaucoup de radicaux ont rejoint d’emblée le Général de Gaulle : Le capitaine Paul Anxionnaz, en premier puis Henri Queuille qui devient vice-président du Comité Français de Libération Nationale dans lequel siège également René Mayer et René Cassin qui deviendra par la suite l’un des principaux rédacteurs de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Comme Daladier, Jean Zay et d’autres députés radicaux, Pierre Mendès France refuse l’armistice de 1940 et est déterminé à poursuivre la lutte. Incarcéré par le régime de Vichy, il parviendra à s’évader pour rejoindre la France libre.

A la libération, de Gaulle en fera son ministre de l’Economie.

1950-1958 : L’unité européenne est inscrite dans le destin

1950-1958 : Les radicaux, acteurs de la construction européenne… et modérateurs de la décolonisation

Très impliqués dans les gouvernements de la IVe République, les radicaux s’engagent pleinement dans la mise en œuvre des deux grands projets des années 50 : la réconciliation franco-allemande et la construction européenne.

Tour à tour, Henri Queuille, Edgar Faure et Félix Gaillard inscriront la Parti Radical dans l’aventure européenne.

Maurice Faure jouera un rôle important dans la relance de la construction européenne. 
Il sera, au nom de la France, le signataire du Traité de Rome en 1957.

« L’unité européenne est inscrite dans le destin, elle se fera inéluctablement » dira-t-il. 
Elle s’impose à ses yeux comme une nécessité pour la France et les pays voisins afin de s’adapter aux transformations du monde moderne et pour faire face aux superpuissances.

Actifs dans la construction européenne, les radicaux jouent un rôle positif dans la décolonisation. Pierre Mendès-France gagne son pari : la paix en Indochine au lendemain de graves revers militaires et l’accès de la Tunisie à l’indépendance. Au Maroc, Edgar Faure réussit à éviter un conflit sanglant par un sens du dialogue et de l’équilibre qui inspire aussi sa politique économique et qui lui donnera plus tard les moyens de faire redémarrer l’Université française après une crise sans précédent.

1969 -1999 : Le temps des grands réformateurs

1969-1979 : Des réponses fortes aux rigidités de la société française

Après dix années difficiles, de 1958 à 1968, le Parti Radical connaît une embellie qui le replace au cœur de la vie politique française.

Ce renouvellement coïncide avec l’arrivée de Jean-Jacques Servan-Schreiber à la tête du mouvement. Sous sa responsabilité, les initiatives politiques se multiplient.
Ils formulent des propositions ambitieuses sur le « pouvoir régional » et sur le contrôle de l’argent public.

La création du mouvement réformateur en 1973, puis de l’UDF en 1978 favorise l’émergence de thèmes nouveaux qui s’imposent jusqu’à nos jours dans le débat public. Jean-Jacques Servan-Schreiber et les radicaux apportent ainsi des réponses fortes aux rigidités de la société française dont les événements de 1968 ont témoigné avec éclat.

En 1970, le « Manifeste radical » de Jean-Jacques Servan-Schreiber ambitionne de ‘vaincre la fatalité’ et fixe la nouvelle doctrine radicale.

Les réformateurs dénoncent notamment l’archaïsme de l’Etat, l’absence de dialogue social, les handicaps du système éducatif et l’inadaptation de la législation à l’évolution des mœurs.

On peut mesurer la contribution essentielle des radicaux aux progrès de notre société à travers des progrès majeurs tels que : la législation de la pilule, la création du planning familial et la reconnaissance des droits de la femme.

 

1980 -1999 : A l’initiative du mouvement de refondation sociale

Fidèle à l’esprit de réforme qui l’anime depuis l’origine, le Parti Radical continue à jouer un rôle moteur dans l’élaboration des idées de progrès.

Entre 1987 et 1997, le Parti Radical se lance dans le chantier de la réflexion prospective pour préparer la société française aux enjeux du 3e millénaire.Deux ouvrages « la France Citoyenne » et « Le Manifeste des radicaux » forment le « projet radical » à la fois humaniste, laïc, social et européen.

La primauté de l’individu sur la collectivité, le droit à l’initiative économique et à la libre entreprise, la solidarité sociale fondent les programmes successifs des radicaux à cette époque.

En témoignent les initiatives d’André Rossinot pour ancrer le système de l’apprentissage dans la fonction publique.

Dans le même esprit, Didier Bariani s’est attaché au gouvernement à développer le rayonnement de la France dans le monde et à valoriser à cet effet le rôle et la représentation des français à l’étranger.

Depuis 2002

Le 25 avril 2002, sous la présidence de François Loos, le Parti Radical est l'un des partis fondateurs de l'UMP. Le contrat d'association entre le Parti et l'UMP est ratifié en octobre 2002.

En septembre 2010,  le Parti Radical organise des Ateliers à Lyon et rassemble pour la première fois, l'ensemble des républicains sociaux.

En novembre 2010, le Président Jean-Louis Borloo quitte le gouvernement.

En janvier 2011, une résolution adoptée à l'unanimité par le Comité Exécutif convoque un Congrès extraordinaire en mai 2011. Ainsi, depuis mai 2011, le Parti Radical a fait le choix de l'indépendance à l'égard de l'UMP.

Forts de cette émancipation réussie, le Parti Radical a pu être le fer de lace d'une nouvelle force politique centrale, l'UDI rassemblant la droite républicaine et du centre, républicains sociaux et les progressistes qui se retrouvent dans les valeurs républicaines, écologistes et sociales. L'UDI a aujourd'hui un groupe parlementaire à l'Assemblée nationale et au Sénat.