Paris – mercredi 29 août 2007

CLIMATE CHANGE : TACKLING NON-CO2 GREENHOUSE GASES

RÉSUMÉ DE CONFÉRENCE par Claude-France Méténier -Dupuy, adhérente d'Ecologie Radicale.

PRÉAMBULE

Dans une salle pleine (120 personnes environ), Madame Clapp, Economiste de l'US EPA,Washington DC,  a présenté, durant trente minutes, les 32 transparents résumant les têtes de chapitres de son rapport de juin 2006 de 438 pages sur :

les émissions de gaz à effet de serre autres que le C02, intitulé " Global Mitigation of Non-CO2 Greenhouse Gases ".

Ce rapport a reçu l'agrément d'experts du secteur privé et académique, d'ONGs ainsi que d'autres agences gouvernementales américaines.

Trente minutes furent consacrées aux questions de l'assistance. Dans le cadre des incitations à la réduction des gaz à effet de serre qui sont à l'origine du réchauffement climatique,  l'EPA  a conduit une étude statistique à l'échelle planétaire, et sur tous les secteurs, portant sur des analyses de carottes glaciaires et sur une période de  1990 à 2020. Des modélisations de l'international Energy Agency (IEA) et des Universités de Stanford et Purdue, Californie, ont été réalisées jusqu'en 2100.

Le programme "Methane to Market "de l'US EPA et des 20 pays partenaires adhérents s'est fixé un objectif  de réduction d'émissions de CH4, à l'horizon de 2015,  de 50 MtCO2e. Si ces réductions étaient réalisées elles pourraient conduire à une stabilisation du réchauffement climatique ou de concentrations moins fortes de CH4 dans l'atmosphère.

Le but du partenariat est de réduire les émissions de méthane pour booster la croissance économique, promouvoir la sécurité énergétique, préserver l'environnement et réduire les émissions des gaz à effet de serre. Parallèlement ces mesures amélioreront la sécurité minière, la qualité de l'air, de l'eau à l'échelon local et réduiront les gaspillages.

Le partenariat de nations a identifié et ciblé quatre sources d'émissions majeures de méthane liées : au  bétail, aux mines de charbon, aux décharges/déchetteries, aux exploitations pétrolières et gazières. Des  projets de solutions techniques sont à l'étude.

Le pourcentage important des autres GES fait l'objet de projets de captage et de stockage, pour une utilisation ultérieure :  Le méthane plus particulièrement, puisqu'après le CO2 il est le GES émis en plus grande quantité, et présente l'avantage d'être  l'un des composants du gaz naturel tout en ayant une rémanence dans l'atmosphère inférieure à celle du dioxyde de carbone (CH4 : 12 +/3 ans - CO2 : 50-200 ans). En outre, il constituerait une énergie "propre". Mais pour l'instant aucune solution technique de captage ni de stockage n'a été proposée (transparent 9).

L'enquête établit que depuis l'époque pré-industrielle, 69,6% de ces émissions sont constituées par le CO2 et 30,4 % par les autres gaz à effets de serre (GES) présentés dans l'inventaire planétaire dressé par Mme Clapp. Ces émissions sont d'origine anthropique.

L'inventaire réactualisé annuellement depuis 1990 par l'US EPA présente  les divers GES :

- CO2 - dioxyde de carbone (69,6%) qui n'était pas l'objet de la conférence ; aux USA il représente 85 % de l'inventaire total américain. Le CO2 est essentiellement le résultat de la combustion du fuel dont 60 % des émissions est associé à la production d'électricité et au transport .

- CH4 - méthane  (22,9% ) émis par lors de la  production et du transport de la houille, des systèmes fonctionnant au gaz naturel et à essence, par le bétail, les pratiques agricoles, la décomposition des matières organiques dans les déchetteries et décharges.

- NO2 - l'ozone (7,1 %) émise par les activités industrielles et agricoles, de même que pendant la combustion de produits fossiles.

Les gaz fluorés , (0,4 %) très puissants en matière de réchauffement atmosphérique, tels que les hydrofluorocarbones, perfluorocarbones, le halon - gaz réfrigérant (High GWP Gases /high global warming potential gases).

Sont détaillées :

- Les sources d'émission des différents GES en pourcentages et tonnes métriques (transparent 4)

- Leur concentration, potentiel de réchauffement et leur rémanence respective dans l'atmosphère  (transparents 5, 6)

- Les quantités de GES émises dans tous les secteurs et les projections d'émissions de 1990 à  2020 (transparents 7, 8) appuyées pr des modélisations jusqu'en 2100.

L'inventaire calcule la quantité gaz non-CO2 à effet de serre émis vers/ou retirés de l'atmosphère sur une période de temps donnée. Il renseigne sur les activités humaines qui génèrent ces émissions ou ces captages, sur la méthodologie des calculs.

Les données statistiques produites sont utilisées lors de l'étude de règlementations en vue de l'établissement des courbes de tendance des émissions; elles permettent de développer des stratégies et procédures témoignant des améliorations et des courbes de rentabilité.

L'analyse technique et économique, la méthodologie

Etant donné que le coût de la réduction des émissions des autres GES est moins onéreux que celui du dioxyde de carbone, l'US EPA l'a incorporé dans son analyse globale de coûts.

Les estimations d'émissions dans plus de 90 pays sur les sources de GES les plus fortes (CH4, N2O, les gaz fluorés, …) et la rentabilité de leur réduction,  ont été réalisées en se basant sur des périodes allant de 2000 à 2100. Des courbes ont été définies pour la période d'étude de référence par région et  par gaz en s'appuyant sur la modélisation par d' universités telles que Stanford University et  Purdue University en Californie (transparents 25, 26). Sur 18 modélisations "multigaz par opposition à CO2", 17 d'entre elles mettent en évidence une  baisse des prix de permis d'achat  de 20 à 60 %.

L'Université de Purdue collabore avec l'EPA sur une base de données liée à l'activité industrielle et économique, le volume d'énergie produit par les autres GES ainsi que sur une base de données pour le CO2.

L'international Energy Agency (IEA) travaille sur des modélisations --appliquant le programme de l'EPA sur les réductions d'émissions de méthane-- afin de les incorporer dans des modélisations de perspectives de technologie énergétique.

Les résultats seront communiqués en 2008 sur le site de l'IEA dans un chapitre dédié à ces perspectives de technologie énergétique.

L'analyse économique fait ressortir l'importance de la mise en place d'un éventail d'options d'allègement  et de réductions de coûts significatifs pour la mise en place de règlementations applicables à la climatologie entraînant une rentabilité certaine (cf. transparents 11 à 17). La courbe des coûts de rentabilité du MAC global illustre la rentabilité de l'application du programme d'allègement des autres GES à l'issue de 2020. (Transparents 18, 19).

De tous ces autres GES c'est la réduction des émissions de  méthane qui est la plus rentable   (transparents 20, 21 ) : les pays plus gros émetteurs de CH4 sont,  outre les USA, la Chine, l'Inde, l'UE et le Brésil. Ils offrent donc un très fort  potentiel de possibilités d'allègement.

Les secteurs concernés par les projets de captage direct et d'utilisation du méthane  sur des infrastructures existantes et leurs avantages

- Déchetteries/Décharges

- Installations d'exploitation de gaz naturel      

- Installations pétrolières

- Puits de  mines de houille

- Décomposition des matières organiques provenant des engrais et du bétail (en vue de la production d'électricité ou de carburants pour les chaudières)

Les avantages : Une meilleure efficacité énergétique, moins de gaspillage d'énergie. Une meilleure sécurité dans les secteurs miniers et industriels. Une amélioration de la qualité de l'air, de l'eau et moins d'odeurs. Une réduction des émissions de GES.

Les obstacles à l'application du projet de réduction des émissions existent en dépit de l'intérêt qu'il représente

Ils sont créés par :

- Un  manque de connaissance des niveaux d'émission et de la valeur de carburant perdue

- Un manque d'information et de formation sur les technologies disponibles et les pratiques de management

- La poursuite de pratiques industrielles traditionnelles

¨ La réglementation et la législation

- Des marchés de méthane et des infrastructures limités

- Un climat d'incertitude en matière d'investissements

Les pays partenaires volontaires  participant au programme Methane to Market

- C'est une structure de travail internationale dont la finalité est de faire évoluer le captage et l'utilisation du CH4 en tant que source d'énergie  propre : ( Transparent 29 à 31)

- Ils sont vingt pays partenaires, Etats-Unis inclus: Argentine, Australie, Brésil, Canada, Colombie, Chine, Equateur, Allemagne, Inde, Italie, Japon, Corée du Sud, Mexique, Nigeria, Pologne, Russie, Ukraine, Grande-Bretagne, Vietnam,

- 550 membres constituant un réseau de membres publics et privés adhérent au programme Methane to Market.

- L'Amérique s'est engagée à atteindre un objectif de Dlrs 53 Millions sur cinq ans, avec un investisssement total de plus de Dlrs 553 Millions.

- Des projets et activités continus sont  engagés   afin  d'atteindre l'objectif  fixé de réduction d'émissions de CH4 à l'horizon de 2015  de 50 MtCO2e.

- Si ces réductions étaient réalisées elles pourraient conduire à une stabilisation du réchauffement climatique ou de concentrations moins fortes de CH4 dans l'atmosphère. Le partenariat se concentre sur la gestion rentable des émissions et leur transformation en énergie propre (électricité, carburant pour moteurs ou chaudières), les  études de solutions techniques pour y parvenir  :

- Emissions d'origine animale évoquées précédemment : les déchets d'origine animale produits lors de leur décomposition peuvent être traités en phase anaérobique par lagunages couverts, ou par digesteurs.

¨ Emissions provenant  des   mines de houille, les déchetteries /décharges, les exploitations pétrolières, gazières : Les émissions industrielles peuvent être considérablement réduites en améliorant les technologies ou l'équipement  qui les captureront directement pendant les opérations de maintenance courante et les interruptions d'activité.

Le partnership international vise également  :

- À faciliter l'accès aux technologies, à la formation, aux méthodes de financement et de connaissance des marchés, des normes, règlementations et lois qui peuvent s'opposer au projet, de techniques de management modernes.

- À déterminer des sites d'implantation appropriés.

- À éduquer les mentalités à comprendre que l'utilisation du méthane de  récupération est profitable, car moins coûteuse, et facile à mettre en place.

QUESTIONS

Pourquoi le rapport n'a-t-il pas pris la déforestation en compte, les secteurs de l'agriculture et forestier ?

Réponse : Ces points sont à l'étude avec 3 experts dans ces domaines.

Pourquoi le rapport n'a-t-il pas pris en compte l'utilisation militaire des ressources cosmiques notamment en Russie.

Réponse : Aucune

L'ozone ne figure pas au protocole. Quel est l'avancement des recherches sur ce point ?

Réponse : Aucune

Quel est l'impact des gaz fluorés et notamment du halon ?

Réponse : Un chapitre est consacré aux gaz réfrigérants dans son rapport de 438 pages sur le WEB " Global Mitigation of Non-CO2 Greenhouse Gases ".

Pourquoi la France ne participe-t-elle pas au programme de l'US EPA ?

Réponse : Les Etats-Unis souhaitent vivement que la France devienne pays partenaire.

Comment le gouvernement américain peut-il procéder à des évaluations d'émission et de captage sûres (on pense à la Chine, l'Inde, au Brésil et autres pays en voie de développement) ?

Réponse : Il en sera fait état dans le prochain rapport en 2008.

Remarque sur l'alimentation et les émissions de CH4 provenant du bétail,  rejoignant les constatations exposées pendant la présentation de Mme Clapp et n'appelant pas de réponse.

Les USA ont-ils mis en place sur leur territoire des règlementations de contrôle et des procédures ?

Réponse : Oui.

Quelles sont les quotas d'émission de GES  pour chacune des activités suivantes : agriculture, bétail, utilisation des terres ?

Réponse: Il est difficile de valider ce type d'estimation avec ce qui se passe sur le sol dans chaque pays partenaire.

Pourquoi n'a-t-on pas encore exploité les autres gaz à effet de serre comme on le fait pour le CO2 ?

Réponse : Pour des raisons de difficulté d'estimation et de contrôle.