PARIS, 15 fév 2012 (AFP) Jean-Louis Borloo, président du Parti Radical: "Nous avons eu une relation de travail positive. Nous avons donc une capacité naturelle pour se retrouver. Mais pour fédérer des gens différents, il faut accepter qu'ils aient aussi leurs valeurs et un regard différent. Il faut une construction, mais cette construction n'est pas aboutie. Je n'ai rien à négocier, le propre d'une coalition c'est de fédérer forcement des gens différents. Ce ne peut être des alignés. L'emploi est la priorité absolue. Est-ce que globalement nous sommes d'accord sur le chemin à suivre?" (à l'inauguration de la permanence de Rama Yade à Colombes, dans les Hauts-de-Seine)
Alors que le FMI a récemment révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour 2012 en France (0,2%) et au moment où l'agence de notation Moddy's envisage d'abaisser à moyen terme la note de solvabilité de la France, il est plus que jamais impératif de tout mettre en œuvre pour réduire les déficits et maîtriser les comptes publics par une fiscalité plus juste et équitable.
Aussi, après le dépôt de plusieurs amendements lors des examens des différentes lois de finances et la mobilisation de plus de 80 députés autour de la proposition de loi "Paquet Justice Fiscale" de Jean-Louis Borloo déposée en décembre 2011, les Députés Radicaux défendront en séance, lors de l'examen du projet de finances rectificative pour 2012, une série de cinq amendements qui reprennent la philosophie de la proposition de loi. L'ensemble de ces mesures devrait rapporter près de 30 milliards d'euros. Il s'agit de :
* la suppression de l’exonération totale des plus-values de cession de holdings par le rétablissement d'un impôt de l'ordre de 10%
* Le plafonnement de 30 % des charges d’intérêts déductibles des entreprises selon les paramètres retenus en Allemagne (fiscalisation des LBO)
* l'instauration d'une contribution de solidarité de 0.5% sur les chiffres d’affaires des entreprises cotées en bourse
* La création d'une nouvelle tranche d’impôt sur le revenu avec un taux de 46% pour la part supérieure à 100.000 euros
* L'instauration d’une taxe sur les transactions financières, toujours sur le modèle de la « stamp duty », mais plus ambitieuse que celle contenue dans le projet de loi de finances rectificative pour 2012.
PARIS, 11 fév 2012 (AFP) - Jean-Louis Borloo a exprimé son désaccord avec Nicolas Sarkozy sur le référendum sur les droits des chômeurs et sur les droits des homosexuels, à l'occasion d'un déplacement à Valenciennes du secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu, a rapporté samedi le Figaro.
"Nicolas prend des positions qui vont m'obliger à réagir. Moi, je ne suis pas d'accord", a tonné vendredi le président du Parti radical lors d'un déjeuner avec une dizaine d'élus locaux de la majorité, dont la sénatrice Valérie Létard et Cécile Gallez, qui fut sa suppléante à l'Assemblée nationale.
L'ancien ministre de Nicolas Sarkozy avait notamment en ligne de mire la question du mariage des couples homosexuels auquel le chef de l'Etat s'est dit opposé.
"Que la droite française se ridiculise autant qu'elle s'était ridiculisée sur le Pacs! Je suis contre la discrimination. L'égalité des hommes est consubstantielle de la laïcité", a-t-il lancé, en répondant à Cécile Gallez, maire de Saint-Saulve, qui lui disait ne pas vouloir personnellement "marier deux hommes". "Mais tu demanderas à ton adjoint de le faire", lui a-t-il rétorqué.
Sur la forme, l'ancien ministre de l'Ecologie, qui avait défendu l'idée d'un virage social du gouvernement sans être entendu, s'est également montré hostile à un référendum sur les obligations des chômeurs proposé par Nicolas Sarkozy.
" Si Mitterrand avait organisé un référendum sur la peine de mort, jamais elle n'aurait été supprimée ", a-t-il argumenté, avant de laisser entendre qu'il n'est pas souhaitable d'interroger les Français sur des questions économiques et sociales comme l'envisage le président, selon les propos rapportés par Le Figaro.
Au lendemain de la présentation annuelle du rapport de la Cour des Comptes, le Parti Radical, par la voix de son Secrétaire Général, Laurent Hénart, rappelle que dès juillet 2011, les Radicaux ont souhaité que soit mis en place un plan massif de réduction des déficits.
"Après le dépôt de plusieurs amendements tout au long de l'examen du PLFR, Jean-Louis Borloo et les députés Radicaux ont déposé une proposition de loi "Paquet Justice Fiscale" en décembre 2011. Cette proposition fondée sur 4 mesures ( taxe sur les transactions financières, fiscalisation des LBO, mise en place d'une contribution exceptionnelle de 2% sur le bénéfice avant impôt de toutes les entreprises cotées en Bourse, suppression de la niche "Copé") rapporterait au moins 24 milliards et permettrait une réduction massive des déficits, par des recettes justes, équitables sans peser sur les ménages français et l’économie réelle" rappelle Laurent Hénart. "Dès la semaine prochaine, nous déposerons à nouveau une série d'amendements allant toujours dans le sens de plus de justice fiscale et nous espérons être entendus".
Alors que la taxe sur les transactions financières va être mise en place, les Radicaux appellent aujourd'hui, le gouvernement à aller plus loin en s'attaquant aux niches fiscales.
" Nous savons que les niches fiscales sont de deux natures, les "utiles" comme celle sur les services à la personne et les "spéculatives" comme celle dite "niche Copé". Un travail de révision de ces niches est essentiel. Au moment de la discussion sur le financement du RSA, les Radicaux avaient obtenu le plafonnement de certaines niches et évité l'accumulation des avantages fiscaux qui conduisaient certains foyers aisés à ne payer quasiment aucun impôt. Aujourd'hui, alors que la Cour des Comptes préconise de diminuer de 15 milliards d'euros le coût des niches d'ici 2014, Les Radicaux approuvent un examen plus exigeant des niches et proposent sans attendre de baisser leur plafonnement global " ajoute Laurent Hénart.
Pour le secrétaire général des radicaux, « la droitisation d’une partie de L’UMP oblige ses modérés à revoir complètement leur position ».
Invité hier du « Talk Orange-le Figaro », le secrétaire général du Parti radical n’a émis en fait qu’un souhait : voir « une centaine de députés élus à la proportionnelle demain ». Enfin, « demain » , c’est une façon de parler. Pour les prochaines législatives, en juin, « ça va être compliqué, précise-t-il, mais, en tout cas, il faut en prendre l’engagement et le faire ». D’après lui, Jean-louis Borloo a pu apprécier les « qualités » de Nicolas Sarkozy « notamment en période de crise » . Si le futur candidat de L’UMP consent à cette modification du mode de scrutin, le soutien des radicaux, leur président compris, lui sera donc acquis.
« Quand on voit le débat autour des signatures de Marine Le Pen, précise Laurent Hénart, on sent bien qu’il y a un malaise à ne pas représenter dans la vie politique nationale certains courants, même si on en exècre les valeurs et les idées, ce qui est mon cas pour le Front national. » Mais le FN est loin d’être le seul à revendiquer l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives. Le député radical de Meurthe-et-Moselle envisage cette réforme comme un moyen de s’émanciper davantage d’une UMP dont la « droitisation » le rebute.
Laurent Hénart « espère » que, par exemple, les déclarations de Claude Guéant sur les vertus comparées des civilisations ne visent pas à séduire l’électorat FN. Mais il se dit convaincu qu’ « à un moment donné la droitisation d’une partie de L’UMP » obligera ses « modérés » à « revoir complètement leur position » . Selon le député radical, « des gens dans L’UMP voudront bouger » , « avec la recomposition politique qui est inévitable, quel que soit le résultat de la présidentielle » . Il s’imagine déjà en avant-garde de « la force centrale de premier plan » qui, il en est sûr, va se constituer.
« Camper sur mes valeurs »
Le tout, c’est de choisir son moment. Jean-François Copé a fait « réserver » les circonscriptions des sortants radicaux qui n’ont pas encore officialisé leur ralliement. Mais l’étiquette UMP sera-telle un plus aux législatives ? « C’est très difficile à dire, répond Laurent Hénart. Ça va dépendre non pas tellement du score de Nicolas Sarkozy, mais de comment L’UMP va se positionner. » « Je suis élu à Nancy, rappelle-t-il, dans un territoire qui est très modéré de tradition, attaché à un équilibre entre les droits, la reconnaissance des différences, le respect à la personne, une part importante de cohésion sociale, et pas seulement de performance économique. Et plus L’UMP se droitise, plus je dois camper sur mes valeurs. »
112e Congrès du Parti Radical (Hôtel Marriott - Paris)
Déroulé prévisionnel
9h : Accueil
9h30 : Ouverture du 112e Congrès Rapport de la Commission de vérification des pouvoirs Rapport d’activités par le Secrétaire général Rapport du Trésorier
10h30 : Présentation du projet de législature Débat sur la déclaration de politique générale Présentation d’éventuelles résolutions
13h : Déjeuner / buffet
14h30 : Interventions politiques
16h : Présentation et vote sur la déclaration d’orientation générale
17h : Discours de clôture de Jean-Louis Borloo, Président du Parti Radical
"Nous avons ensemble travaillé sur plus de 110 mesures. Celles-ci ont fait l’objet de débats dans nos différentes fédérations. Aujourd’hui, nous devons trancher.
Par nature, ces propositions sont exprimées en quelques mots alors qu’elles se situent dans un contexte, qu’elles ont fait l’objet de réflexions approfondies, d’une analyse préalable, d’un cap et d’une véritable stratégie pour notre pays.
Les mesures que vous adopterez seront celles que porteront nos candidats aux législatives et sur lesquelles s’engagera le débat démocratique.
Permettez-moi d’en extraire quelques unes qui me paraissent vitales et qui doivent être la base du programme pour lequel les parlementaires radicaux, avec d’autres je l’espère, constitueront un nouveau groupe à l’Assemblée Nationale, se battront.
C’est aussi sur ces quelques mesures fortes, indispensables pour établir justice et progrès, sont pour nous les conditions incontournables d’un accord parlementaire et gouvernementale."